-->

Sarah Biasini comédienne

Sarah Biasini, une comédienne de talent.

04 novembre 2017

Une petite chanson ?

Hugues

C'est un fameux trois-mâts, fin comme un oiseau
(Hisse et ho, Santiano)
Dix-huits noeuds, quatre cents tonneaux
Je suis fier d'y être matelot
Tiens bon la vague et tiens bon le vent
Hisse et ho, Santiano
Si dieu veut, toujours droit devant
(Nous irons jusqu'à San Francisco)

Posté par sandrine66 à 04:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 novembre 2017

Facebook

groupe

 

Vous trouverez sur Facebook, un groupe Sarah Biasini comédienne. Vous y êtes tous les bienvenus !

Posté par sandrine66 à 20:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]

critique CULTURE TOPS

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

La métamorphose de Stéphane Guillon: chapeau !

Thème

Un atelier de peintre à Montparnasse en 1917. Attention ! pas n’importe quel peintre, non, on est avec Amadeo Modigliani (1884- 1920), l’Italien de Livourne installé à Paris, comme à l’époque tant d’autres, de Pablo Picasso à Henri Matisse en passant par Chaïm Soutine ou encore Moïse Kisling. Pas très loin, il y a aussi le poète Guillaume Apollinaire. 

Dans cet atelier, on découvre une mère et sa fille, celle-ci étant l’épouse de Modigliani. 

La mère, Eudoxie Hébuterne, reproche à sa fille enceinte cette union avec cet Italien bohême, irresponsable, alcoolique avec un penchant certain pour l’absinthe, drogué au cannabis et au haschich et pour finir, tuberculeux; et lui conseille de le quitter au plus vite; et aussi, de se débarrasser du bébé qu’elle porte. 

La fille, Jeanne Hébuterne, est follement amoureuse; à un point tel que, peintre très talentueuse, elle mettra fin à sa carrière pour être la muse et le modèle de « Modi » le maudit. 

La pièce, centrée sur les trois dernières années du peintre et sculpteur, aussi génial que scandaleux, évoque également le monde de la peinture, avec le marchand d’art et poète polonais Léopold Zborowski; ce qui donne de délicieux échanges entre « Modi » et "ZBo", qu'il tient pour l’amant de sa compagne, Jeanne. 

Mais au dessus de tout, plane l’amour. Le grand thème de la pièce. L’amour fou d’une femme pour son homme souffrant jusqu’au plus profond de sa chair du manque de reconnaissance mais prince de la bohême jusque dans son agonie, terrassé par la tuberculose.

Points forts

- Le texte de Laurent Seksik, romancier confirmé. On a là une véritable leçon de dramaturgie: c’est tragique, c’est comique, c’est pathétique; mais c’est léger comme un tableau de Modigliani.

- La mise en scène classique mais très efficace de Didier Long, soutenue par un décor sombre, de Jean-Michel Adam.

- Une distribution de haut vol avec deux « Rolls Royce », Geneviève Casile et Didier Brice, et une comédienne, Sarah Biasini, qui prouve une fois encore qu’elle est bien plus qu’une « fille de » (Romy Schneider, en l’occurrence).

- Dans le rôle de Modigliani, Stéphane Guillon a la barbe grise épaisse et le sourcil toujours levé. Réputé humoriste grinçant et spécialiste du seul en scène, il rappelle là dans « Modi » qu’il est avant tout un (excellent) comédien de formation classique, capable de passer d’un registre à un autre avec une belle agilité artistique. Il est parfait dans le rôle de ce personnage maître dans l’art du trait d’esprit.

Points faibles

Difficile de trouver un point faible à cette pièce. Avec « Modi », Laurent Seksik a évité le piège que sous-tend toute histoire d’un artiste avec sa muse...

En deux mots ...

- La flamboyance du Montparnasse du début du 20ème siècle, voilà un décor parfait pour le destin tragique et lumineux de Modigliani, remarquablement évoqué ici. 

- Et puis il y a Stéphane Guillon, qui rappelle, là, qu'il est un remarquable comédien.

Un extrait

- Eudoxie : « Dire que tu aurais pu avoir le monde à tes pieds… Et te voilà à genoux devant le pire des hommes !

- Jeanne : Je ne suis pas à genoux et c’est le meilleur des hommes !

- Eudoxie : Je n’arrive pas à t’imaginer, toi, ma petite fille, si douce, si précieuse, sur… ce matelas… Tu nous a trahis, Jeanne. Tu trahis qui nous sommes, ce en quoi nous croyons. Au nom de quoi ?

- Jeanne : De ma vie.

- Eudoxie : Une vie de bohême… c’est cela dont tu rêves ? Habiter un taudis à côté d’un fou ? (…) »

L'auteur

Né en 1962 à Nice (Alpes-Maritimes), Laurent Seksik est médecin, journaliste, scénariste de BD et écrivain français. Il commence à écrire à 18 ans, tout en débutant ses études de médecine. En 1999, il publie son premier roman, « Les Mauvaises Pensées », suivi en 2004 de « La Folle Histoire » pour lequel il recevra le prix Littré, puis en 2006 « La Consultation ». En 2008, il publie une biographie d’Albert Einstein. En 2010, ce sera « Les derniers jours de Stefan Zweig », grand succès de librairie (plus de 150 000 exemplaires vendus), traduit en quinze langues. Cinquième roman en 2011 : « La Légende des fils »; suivi en 2013 par « Le cas Eduardo Einstein » (traduit en douze langues); en 2015, par »L’Exercice de la médecine »; et en janvier 2017, par « Romain Gary s’en va-t-en guerre ».

Dramaturge, il a écrit à ce jour trois pièces. Les deux premières (« Les derniers jours de Stefan Zweig »- 2013, et « Le Monde d’hier »- 2016) sont des adaptations. « Modi »  est en fait sa première pièce « originale ».

Serge Bressan

Posté par sandrine66 à 19:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Emission Melting POP Europe 1

europe - Copie

europe 1 a - Copie

Posté par sandrine66 à 09:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Extrait video Melting POP Europe 1

 

 

Sur Europe 1, la comédienne Sarah Biasini évoque la pièce dans laquelle elle joue la muse du peintre Amedeo Modigliani, au théâtre de l'Atelier, à Paris.

INTERVIEW
Elle a souvent joué les femmes amoureuses. Que ce soit dans la pièce "Pieds nus dans le parc", il y a 10 ans, dans la pièce "Ring", au Festival d'Avignon, ou encore dans "Un fil à la patte", au début de l'année, en compagnie d'Yvan Le Bolloc'h. Sarah Biasini l'est encore dans "Modi", au théâtre de l'Atelier, où elle joue Jeanne Hébuterne, la muse du peintre Amedeo Modigliani, interprété par Stéphane Guillon.

Une muse qui a tout sacrifié
"Pour jouer, je me suis inspirée de ses toiles à elle. J'ai trouvé un livre magnifique sur le couple où j'ai trouvé les œuvres de Jeanne. Quelle tristesse, car elle s'est totalement sacrifiée", raconte Sarah Biasini. La muse du peintre a en effet arrêté la peinture, un choix terrible pour elle, par amour.

Dans cette pièce, qui s'intéresse aux deux derniers jours de Modigliani, le peintre est malade, parfois violent, mais malgré tout, le créateur de la pièce, Laurent Seksik, a voulu mettre de l'humour. On rit, vraiment. "C'est le souhait de Laurent, cela se perçoit dans le texte et le ton. Je pense que c’est pour cela qu'il a fait appel à Stéphane Guillon. Il y a de l'humour noir, un second degré, un cynisme, un sarcasme dans la pièce", détaille la comédienne.

L'adrénaline du théâtre
Interrogée sur sa grande présence au théâtre, mais peu ailleurs, Sarah Biasini confie : "Je pense que je suis plus à l'aise sur un plateau de théâtre, que face à une caméra". Le rapport direct entre l'artiste et le spectateur, au théâtre, est un lien unique selon la comédienne. "Ce qui est vraiment jubilatoire, c'est que tous les soirs cela change, des personnes nouvelles viennent. Il y a une vraie adrénaline : quand la pièce démarre vous allez jusqu'au bout, vous ne pouvez pas recommencez."

Posté par sandrine66 à 09:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Critique Paris la Douce

Théâtre : Modi, de Laurent Seksik - Avec Stéphane Guillon, Geneviève Casile, Sarah Biasini, Didier Brice - Théâtre de l'Atelier



Au lendemain de la Grande Guerre, la bohème artistique a quitté Montmartre pour Montparnasse où les nuits sont couleur d'absinthe. Picasso, Soutine, Kisling, Foujita, Max Jacob fréquentent assidument la Coupole où Amadeo Modigliani, dandy provocateur, artiste torturé, brûle la vie par les deux bouts. En 1917, lorsqu'il rencontre Jeanne Hébuterne, jeune étudiante d'un milieu bourgeois qui devient son modèle et sa muse, celui-ci a définitivement abandonné la sculpture pour se consacrer à la peinture. Marqué par les excès, Modi est affaibli par la maladie, rongé par la frustration de ne pas voir son art reconnu. En 1920, Jeanne attend leur second enfant hors mariage. Ce concubinage outrage l'austère Eudoxie, sa mère, qui est désolée de voir sa fille vivre auprès d'un débauché sans le sou. Elle déteste franchement le peintre et lui fait savoir. Elle a toujours l'espoir de convaincre Jeanne de renoncer à cette existence de misère. Ami dévoué, Léopold Zborowski marchand d'art et poète polonais, passe souvent voir le peintre à l'atelier. Alors qu'il tente d'améliorer l'ordinaire du couple, il supporte, tout de bienveillance, les sautes d'humeur de Modi qui lui fait subir railleries et crises de désespoir.




Convoquant les démons de l'artiste dévoré par son oeuvre, Laurent Seksik revient sur les trois dernières années de la vie de Modigliani. Mort à trente-cinq ans de la tuberculose, juste avant que ne vienne la reconnaissance tant attendue, le peintre est persuadé que pour créer il doit souffrir. Démiurge en quête d'absolu, ce trublion de l'art, réfractaire à l'ordre établi, fait alors scandale avec deux séries de nus féminins en 1916 et 1917 qui ne rencontrent pas leur public. Evocation finement amenée que souligne la mise en scène de Didier Long, la pièce s'attache à retranscrire l'esprit d'une époque singulière durant laquelle les artistes ont bouleversé les codes esthétiques pour inventer la modernité. 
Insupportable, violent, colérique, Modi tyrannise son entourage. Sur fond de misère noire, il se laisse aller à ses pires penchants, alcoolisme et misanthropie en tête, sans jamais renoncer à son art, soutenu jusqu'au bout par l'amour fou de Jeanne. Explorant les affres de la création, Laurent Seksik procède par ellipse pour évoquer le peintre, figure iconique de l'artiste maudit. Les épisodes significatifs, comme autant de fines touches, peu à peu retranscrivent la complexité d'un destin tragique, les contradictions et les fragilités d'un homme. La pièce prend fin avant le dénouement le plus dramatique. Deux jours après le décès du peintre, Jeanne, enceinte de neuf mois, s'est défenestrée.


Le tout pourrait être sinistre, si l'humour, la causticité des dialogues, hommage à la personnalité d'ombre et de lumière du peintre, n'emportait les rires. Les échanges acerbes entre la mère de Jeanne et Modi sont particulièrement savoureux. Stéphane Guillon prête ses traits et son phrasé particulier à un Modigliani plein d'esprit aussi exaspérant que touchant, à la fois extravagant, charismatique et tourmenté. Les passes d'arme réjouissantes échangées avec la merveilleuse Geneviève Casile qui interprète Eudoxie, entre acrimonie et sollicitude, sont tout à fait jubilatoires. Les scènes de vitupérations hilarantes dont est victime Léopold Zborowski, incarné par l'impeccable Didier Brice, ne sont pas piquées des hannetons non plus. Dans le rôle d'une Jeanne soumise, reléguée au rôle d'infirmière, Sarah Biasini apparaît beaucoup plus discrète.

Posté par sandrine66 à 08:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 octobre 2017

Critique La grande parade

Modi : le théâtre du génie et du grandiose

Par Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Un atelier de peintre à Montparnasse en 1917. Attention ! pas n’importe quel peintre, non, on est avec Amadeo Modigliani (1884- 1920), l’Italien de Livourne installé à Paris, comme à l’époque tant d’autres, de Pablo Picasso à Henri Matisse en passant par Chaïm Soutine ou encore Moïse Kisling.

Pas très loin, il y a aussi le poète Guillaume Apollinaire. Dans cet atelier, on découvre une mère et sa fille, celle-ci étant l’épouse de Modigliani. La mère, Eudoxie Hébuterne, reproche à sa fille enceinte cette union avec cet Italien bohême, irresponsable, alcoolique avec un penchant certain pour l’absinthe, drogué au cannabis et au haschich et pour finir, tuberculeux, et lui conseille de le quitter au plus vite- et aussi, de se débarrasser du bébé qu’elle porte. La fille, Jeanne Hébuterne, est follement amoureuse- à un point tel que, peintre très talentueuse, elle mettra fin à sa carrière pour être la muse et le modèle de « Modi » le maudit. La pièce, centrée sur les trois dernières années du peintre et sculpteur aussi génial que scandaleux, évoque aussi le monde de la peinture avec le marchand d’art et poète polonais Léopold Zborowski- ce qui donne de délicieux échanges entre « Modi » qui tient « Zbo » pour l’amant de sa compagne Jeanne. Mais au dessus de tout, plane l’amour. Le grand thème de la pièce. L’amour fou d’une femme pour son homme souffrant jusqu’au plus profond de sa chair du manque de reconnaissance mais prince de la bohême jusque dans son agonie, terrassé par la tuberculose. 

On appréciera follement :
-Le texte de Laurent Seksik, romancier confirmé. On a là une véritable leçon de dramaturgie- c’est tragique, c’est comique, c’est pathétique, c’est léger comme un tableau de Modigliani.
-La mise en scène classique mais follement efficace du réputé Didier Long, soutenue par un décor sombre de Jean-Michel Adam.
-Une distribution de haut vol avec deux « Rolls Royce » du jeu théâtral : Geneviève Casile et Didier Brice, et une comédienne, Sarah Biasini, qui prouve une fois encore qu’elle est bien plus qu’une « fille de » (Romy Schneider, en l’occurrence).
-Dans le rôle de Modigliani, Stéphane Guillon à la barbe grise épaisse et le sourcil toujours levé. Réputé humoriste grinçant et spécialiste du seul en scène, il rappelle là dans « Modi » qu’il est avant tout un (excellent) comédien de formation classique, capable de passer d’un registre à un autre avec une belle agilité artistique. Il est parfait dans le rôle de ce personnage maître dans l’art du trait d’esprit.
Et on quittera le théâtre, ébloui par « Modi ». Parce que la flamboyance du Montparnasse du début du 20ème siècle, c’était un décor parfait pour le destin tragique et lumineux du peintre Amadeo Modigliani. Parce que « Modi », c’est l’amour fou de la compagne d’un peintre, sa muse et son modèle. Parce que « Modi », avec les mots de Laurent Seksik, c’est le théâtre du génie et du grandiose où l’on tend des baisers aux étoiles. Et enfin parce que « Modi », c’est aussi une fois encore la démonstration que Stéphane Guillon est bien plus qu’un amuseur : il est un comédien. Un grand comédien.

Modi de Laurent Seksik

Mise en scène : Didier LONG

Avec Stéphane GUILLON, Geneviève CASILE, Sarah BIASINI et Didier BRICE

Dates et lieux des représentations: 

- Jusqu'au 31 décembre 2017 au Théâtre de l'Atelier ( 1 place Charles Dullin, 75018 Paris)

Posté par sandrine66 à 11:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 octobre 2017

Avis Montmartre Addict

On le sait, nombreux sont les peintres célèbres ayant vécu à Montmartre au tournant du XXe siècle, parmi lesquels les plus fréquemment cités sont sans nul doute Renoir, Toulouse Lautrec ou encore Picasso. On oublie trop souvent que Modigliani fait aussi partie de ceux qui ont forgé la légende de la bohème montmartroise, avant de rejoindre la rive gauche et le quartier de Montparnasse... Originaire de Livourne en Italie, c’est peu de temps après son arrivée à Paris en 1906 qu’Amedeo Modigliani s’installe à Montmartre, où il aura plusieurs adresses parmi lesquelles l’Impasse Girardon, le 13 rue Norvins, le 7 Place Jean-Baptiste Clément, l’Hôtel du Poirier Place Ravignan ou encore le fameux Bateau Lavoir*.

 

Modigliani est aujourd’hui de retour sur la Butte grâce à MODI, la pièce de Laurent Seksik, à l’affiche du Théâtre de l’Atelier. Et bien que l’action se situe à Montparnasse en 1917, il est à plusieurs reprises question de Montmartre et de son influence sur l’œuvre et la vie du peintre. Ivre d’absinthe et de plaisirs, un homme, aussi scandaleux qu’irrésistible, règne en Prince sur cette vie de Bohème : Modigliani. Le génie inclassable, aristocrate du trait d’esprit, rencontre en 1917 celle qui devient son modèle et sa muse, Jeanne Hébuterne. MODI, c’est l’histoire mythique d’un amour fou, intense jusqu’au sublime, au cœur de la Bohème, véritable phénomène artistique qui marque le tournant du XXème siècle.

 

 

 

Pour interpréter Modigliani, on retrouve Stéphane Guillon, un rôle à priori à contre emploi et qui pourtant était d’évidence fait pour lui tant il brûle les planches par son talent. Stéphane Guillon est indéniablement LA révélation de cette pièce, incarnant un Modigliani sans doute aussi vrai que nature, à la fois tendre, drôle, impertinent, amoureux et désespérément tourmenté. Face à lui, Sarah Biasini (notre marraine 2017 de la Fête des Vendanges de Montmartre) est Jeanne Hébuterne ; un personnage qui lui va à merveille puisque tout comme Jeanne, elle est enceinte. Son sourire et son charme naturel la rendent désarmante de justesse, et le couple Guillon/Biasini fonctionne à merveille.

 

Les dialogues sont truculents, et on assiste à un échange permanent de répliques aussi efficaces les unes que les autres, confrontant tour à tour Modi à sa maîtresse, Modi à sa belle-mère (magnifique Geneviève Casile) et Modi à son marchand (Didier Brice, parfait). Quant à la mise en scène (signée Didier Long), elle est tout aussi subtile, permettant de ressentir l’atmosphère parfois pesante de l’atelier du peintre, notamment grâce à un jeu d’ombre et de lumière vraiment intéressant.

 

 

 

Vous l’aurez compris, il faut aller voir Modi pour toutes ces raisons, mais aussi parce que la pièce aborde le sujet délicat du statut d’artiste et de ses dérives, ainsi que d’un point de vue historique, le racisme et l’antisémitisme, largement pointés du doigt. Enfin, quand bien même vous puissiez ne pas apprécier l’humoriste Stéphane Guillon, vous découvrirez sur scène un très grand comédien.

 

Posté par sandrine66 à 14:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]

modi 4

Posté par sandrine66 à 14:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Critique RegArts

Médecin de son état et passionné d’écriture depuis sa jeunesse, Laurent Seksik met entre parenthèses l’exercice de la médecine au début des années 2000 pour se consacrer à la littérature.

Auteur de huit romans, dont deux – Les derniers jours de Stephan Zweig et Le Monde d’hier – seront adaptés au théâtre, il nous offre sa dernière pièce, Modi, créée tout récemment, le 10 octobre 2017, au théâtre de l’Atelier.

Modi comme Modigliani.

Modi comme… maudit ?

« Après la trilogie romanesque Zweig, Einstein, Gary, je voulais raconter le destin tragique et lumineux de Modigliani », confie l’auteur.

Destin tragique s’il en fût puisque, à l’aube d’être reconnu artistiquement après une vie de misère, le peintre meurt de tuberculose à trente-six ans suivi, le surlendemain, par sa muse et compagne, Jeanne Hébuterne, mère d’une petite fille d’un peu plus d’un an et enceinte de neuf mois, qui se défenestre de désespoir.

La pièce raconte les trois dernières années de la vie du peintre et de sa muse, de 1917 à 1920.

Mais que l’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas d’une tragédie !

Mieux, la pièce est très drôle et les rires – nombreux – des spectateurs, donnent raison au sous-titre de la pièce, publiée chez Flammarion : La vie de Modigliani : Tragédie et Commedia dell’Arte.

Pendant un peu plus d’une heure et demie, nous partageons avec bonheur le quotidien de ce peintre en mal de reconnaissance, que pimentent les visites d’Eudoxie Hébuterne, mère de Jeanne, qui le déteste cordialement et ne le cache pas.

Cette dernière, femme stricte et austère, voit d’un très mauvais œil le concubinage de sa fille avec ce peintre dépravé et sans le sous, Rital de surcroît et Juif pour couronner le tout.

Leurs rencontres donnent lieu à des échanges caustiques qui prennent la forme de piques empreintes d’un humour acerbe et corrosif, qu’ils s’envoient avec un sens de la repartie sidérant et une verve absolument hilarante, sous le regard impassible de Jeanne qui voudrait, tout de même, que sa mère et l’homme qu’elle aime soient moins à couteaux tirés.

« Il faudra bien qu’un jour vous ayez de meilleurs rapports », déclare-t-elle.

« Ta mère et moi avons des rapports très équilibrés. Elle me hait autant que je la déteste », rétorque Modigliani.

Chacune des répliques de ce peintre au verbe haut en couleur est de la même veine et donne à la pièce une tonalité désopilante et un rythme impétueux.

Fréquente également l’atelier le marchand Léopold Sborowski, dit Zbo, ami et mécène de Modigliani.

Soucieux d’améliorer le quotidien du couple, il passe régulièrement à l’atelier pour annoncer ce qu’il espère être de bonnes nouvelles : ventes de tableaux, exposition en perspective, mais se heurte inévitablement aux sautes d’humeur et aux colères du peintre, qu’il essuie avec bienveillance et philosophie, ce qui donne, là aussi, des scènes pleines de drôlerie.

On ne s’ennuie pas une seconde.

Grâce à une direction d’acteurs particulièrement efficace, on n’observe aucun temps mort, et, grâce à un décor ingénieux, le spectateur est entraîné de l’atelier lugubre de Montparnasse à celui de Nice, plus confortable et plus lumineux que celui de Paris, en passant par la Rotonde, où le peintre se détruit dans l’absinthe.

D’un lieu à l’autre, les personnages évoluent avec aisance et naturel.

Ils sont tous excellents.

Stéphane Guillon, plus connu comme humoriste et chroniqueur télé, confie lors de l’émission On n’est pas couché, que sa mère le trouvait trop vieux pour le rôle.

Certes, Amedeo Modigliani est mort à 36 ans et Stéphane Guillon a quelques années de plus, mais que Madame mère se rassure : il est parfaitement crédible dans son rôle, même s’il a gardé sa chevelure et sa barbe poivre et sel, et son interprétation d’un Modigliani extravagant, colérique et hilarant emporte l’adhésion du public.

Geneviève Casile – de l’Académie française, est-il besoin de le préciser ? – est magistrale et drôle à la fois dans la peau d’Eudoxie Hébuterne, cette mère rigoriste et prompte à la repartie qui ne peut se résoudre à accepter la vie de bohême qu’a choisie sa fille.

Sarah Biasini, elle, a poussé la conscience professionnelle jusqu’à être enceinte (si l’on en croit la rumeur) comme son personnage, qu’elle incarne avec une grâce et une présence émouvante.

Quant à Didier Brice, il n’est pas en reste dans cette distribution, et c’est avec justesse et sobriété qu’il campe ce marchand de tableaux fidèle et dévoué qui supporte avec stoïcisme les éclats de ce peintre sulfureux en quête de reconnaissance.

Didier Long, le directeur de l’Atelier, assure avec brio la mise en scène de ce qu’on pourrait appeler, pourquoi pas, un biopic théâtral, tant les scènes s’enchaînent avec une fluidité qu’on trouve plutôt au cinéma.

En conclusion, cette pièce, bien qu’elle soit le récit d’une histoire qui finira mal, comme l’avait pressenti la mère de Jeanne, est un véritable bain de fraîcheur où le spectateur se laisse aller au plaisir de rire sans retenue.

Elishéva Zonabend

Posté par sandrine66 à 14:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]